Je refuse !

Je refuse !

Les États et les banques vont réanimer à coup de milliers de milliards un système cliniquement mort depuis déjà bien des années. On ne m’a demandé ni mon avis, ni mon accord…

Moi, qui n’ai jamais appris à écrire, j’écris aujourd’hui pour ne pas oublier. J’écris aujourd’hui pour pouvoir me rappeler le jour où mes enfants, mes futurs petits enfants et les enfants de mes petits enfants me poseront la question, et pour que je n’ai pas à leur dire “C’est trop compliqué, vous ne pouvez pas comprendre”.

Les Etats et les Banques centrales vont déverser des milliers de milliards dans l’économie mondiale pour relancer la machine, le système comme ils disent. Parce qu’à l’aube de ce premier déconfinement il est urgent de remettre les gens au travail, quel qu’en soit le prix, quel qu’en soit les conséquences sanitaires et humaines. Il faut à tout prix, vous comprenez, à tout prix, relancer la machine, relancer le système.

Ce système dont nous disions, je crois si mes souvenirs me le permettent encore, être les esclaves.
Ce système qui, il y a 2 mois encore, détruisait notre avenir et celui de nos enfants à coup de dévastation de l’écosystème, de pollution de l’air que nous respirions, de l’eau que nous buvions, de déforestation massive afin de soutenir une productivité effrénée.
Ce système qui avait démontré son incapacité à faire preuve d’un quelconque équilibre.
Ce système qui creusait un gouffre d’inégalité et d’injustice en tous genres.
Ce système qui misait sur la peur pour contraindre à l’inacceptable les citoyens de tous les pays du monde. 

Ce système qui était capable avec son arme absolue, sa technologie de spéculation ultra rapide, de trading haute fréquence comme ils disent, d’acheter et de vendre un kilo de riz un milliard de fois durant la même seconde, oubliant même que ce sac de riz représentait le travail, la sueur et la souffrance de femmes et d’hommes quelque part sur cette planète, devenu un simple plateau de Monopoly.

Ce système s’affranchissant de tout bon sens, si ce n’était le sens du profit.
Ce système qui ne tenait même plus compte du rythme simplement de la vie, de la planète, de l’écosystème, qui oubliait qu’une journée dure vingt quatre-heure et qu’un être humain a besoin de dormir en moyenne huit heures par jour.

J’écris cela, parce que depuis plusieurs jours, j’ai du mal à dormir, ce qui ne fait pas partie de mes habitudes. Bien que je ne suis personne, je suis pluridisciplinaire. Et lorsque vous êtes pluridisciplinaire vous ne vous autorisez à être enfermé dans aucune case. Vous vous intéressez à une multitude de domaines différents, sans jamais vous limiter à une spécialisation afin de garder l’œil, l’esprit et le cœur ouvert sur cette notion si fragile que l’on appelle Humanité.
Et lorsque vous êtes pluridisciplinaire une gymnastique se met en place dans votre esprit, comme une routine qui recoupe, qui croise des notions et des domaines différents, vous empêchant parfois pendant plusieurs jours de dormir jusqu’à cet instant, cette étincelle, cet éclair où tout prend sens.

Je me rends compte que des gens, je dis bien des gens, disent qu’ils vont emprunter des milliers de milliards pour nous sauver, pour relancer et sauver ce système, sauver cette maison ébranlée par un virus que l’on nomme Covid-19. Ce virus qui a lui tout seul, comme ils disent, aurait réussi à mettre à terre le système économique et financier de toute une planète. Il faut donc en urgence reconstruire la maison avant qu’elle ne s’écroule complètement, comme ils disent.

Lorsque vous décidez de reconstruire une maison qui s’est écroulée, d’abord vous la choisissez cette maison.
Vous choisissez aussi comment vous allez financer cette maison.
Vous en choisissez le créancier et vous mettez en garantie la maison pour rassurer le créancier, on appelle cela une hypothèque, un collatéral. Seulement quand on reconstruit le système, vous vous souvenez cette maison empreinte de vices de fabrication dont je vous ai parlé, on ne choisit pas le créancier et pourtant l’hypothèque ce sont bien nos vies, la vie de nos enfants, la vie de nos futurs petits enfants ainsi que de leurs enfants. Et tout cela pour un soi-disant avenir meilleur.

Alors si ces gens veulent hypothéquer ma vie et celle de mes enfants pour reconstruire une quelconque future maison, je veux avoir le droit d’en choisir les plans et aussi le créancier.

Et s’ils ne me proposent rien de mieux que le système d’avant, je le dis de tout mon être, de toute mon âme, avec le pouvoir que la pluridisciplinarité me confère, ce pouvoir que j’appelle “le bon sens”, et je l’écris pour me souvenir et surtout pour qu’ils l’entendent…“Je refuse !” oui “Je refuse !”.

Et peut-être que si nous disons tous ensemble ce simple mot, si nous le répétons, nous le hurlons partout où il peut être entendu, l’écho résonnera tant qu’ils n’oseront plus faire semblant de ne pas l’entendre afin qu’ils ne nous disent plus jamais “C’est trop compliqué, vous ne pouvez pas comprendre !”.

Pensée d’un pluridisciplinaire en peine d’humanité.

Oser changer c’est avant tout oser agir ? Alors Agissons – ensemble !

Laisser un commentaire